Nous sommes les Indignés

NOUS SOMMES LES INDIGNÉS

Le 15 mai 2011, un groupe de citoyens d’idéologies différentes a lancé un mouvement non partisan connu sous le nom du 15M (pour «quinze mai»). Ce jour-là, à la suite d’une manifestation, et de manière spontanée, nous avons décidé de camper dans les rues et les places de notre ville, Madrid, en signe de rejet de la situation politique et économique que nous subissons quotidiennement et afin de nous organiser pour réfléchir ensemble au moyen de créer un monde meilleur.

Très vite, plus de 50 villes espagnoles ont rejoint le mouvement. Des campements ont fleuri partout sur le territoire national et des foyers de soutien sont apparus dans beaucoup d’autres pays. A présent, dans certaines villes, nous ne campons plus sur les places principales mais nous organisons des centaines d’assemblées générales dans l’ensemble de leurs quartiers.

 

Nous ne sommes représentés ni par les partis politiques, ni par les syndicats, ni par les mouvements associatifs. Nous ne le souhaitons pas, car nous croyons que chacun peut décider par soi-même. Nous voulons réfléchir tous ensemble à la façon de créer un monde dans lequel les personnes et la nature seraient placés au-dessus des intérêts économiques. Nous voulons concevoir et construire le meilleur des mondes possibles. Ensemble, nous le pouvons et nous le ferons. Sans peur.

https://www.youtube.com/watch?v=bRBbI257cOQ

https://www.youtube.com/watch?v=Vr9BTyug4FA

http://periodismohumano.com/temas-destacados/los-primeros-40-de-sol.html

 

Pourquoi prenons-nous la place?

Nous prenons les places parce qu’elles nous ont toujours appartenues, mais nous l’avions oublié.

On nous appelle les indignés, et c’est ce que nous sommes.

Nous sommes las de sentir que nous ne sommes que des chiffres dans les journaux, des données statistiques, des consommateurs potentiels; las d’être considérés comme des marchandises entre les mains des hommes politiques et des banquiers.

Nous avons le droit de vote, mais nous savons que nos voix ne comptent pas. Nous sommes frustrés par le manque de volonté affiché par les politiques pour développer des mécanismes de participation directe dans la prise de décision. Des mécanismes qui en finiraient avec la corruption et le manque de transparence de la politique et des institutions publiques. Des mécanismes qui, par surcroît, mettraient le citoyen au-dessus des marchés et de tout autre intérêt particulier.

Nous ne comprenons pas pourquoi nous devrions payer les pots cassés d’une crise dont les responsables continuent de faire des bénéfices record. Nous en avons assez des injustices. Nous voulons redonner sa dignité à l’humanité.

Le monde qu’on nous impose n’est pas le monde dans lequel nous voulons vivre. C’est à nous de décider comment il doit être. Nous savons que nous pouvons changer le monde et nous sommes en train de le faire dans la plus grande joie.

Nous investissons les rues et les places pour les mêmes raisons que d’autres mouvements citoyens, en Islande ou dans les pays du Printemps Arabe, les ont investies il y a quelque temps. Nous savons, que pour ces mêmes raisons, dans d’autres pays, les citoyens prendront à leur tour possession des places et des rues. Nous agissons localement, mais nous pensons globalement. Nos problèmes nous rendent tous égaux à l’échelle planétaire, et la solution doit être globale.

Que faisons-nous?

Nous ressentons, observons, pensons, écoutons, parlons, proposons, discutons, coopérons, apprenons, créons des réseaux, communiquons entre nous, essayons de nous comprendre, travaillons, construisons…

Nous luttons…pour réformer un système injuste, nous remettons en question ses lois, ses schémas de participation, ses systèmes économiques et proposons des alternatives concrètes et réalisables. Notre but ultime est de rendre meilleurs le monde et la vie de tous ses habitants.

Nous créons….des réseaux humains et numériques qui font naître de nouvelles formes de connaissance collective, nourrissant notre capacité d’analyse, de plus en plus développée, et nos mécanismes de prise de décisions conjointes. Nous sommes l’intelligence collective du monde qui s’organise.

Nous développons…de nouvelles formes d’organisation et de vivre-ensemble. Face à l’immobilisme prôné par le système, nous cherchons un état d’évolution et d’amélioration permanente, de participation active, de réflexion et d’analyse, de décision et d’action.

Comment le faisons-nous?

Nous reprenons possession et utilisons l’espace public : nous investissons les places et les rues de nos villes pour nous y réunir et travailler de manière conjointe, ouverte, visible. Nous renseignons et invitons tous les citoyens à y participer. Nous débattons, nous cherchons des solutions et nous motivons les actions et mobilisations concrètes. Nos réseaux et outils numériques sont ouverts : au-delà des rues et des places, toute l’information est disponible sur Internet.

Nous nous organisons en assemblées, et prenons des décisions de manière ouverte, démocratique et horizontale. Sans aucune volonté de leadership et sans hiérarchie.

https://madrid.tomalaplaza.net/2011/05/31/guia-rapida-para-la-dinamizacion-de-asambleas-populares/

Les 40 premiers de la Pueta del Sol à madrid, les 15 et 16 mai 2011

Étant donnée l’ampleur et la diversité des tâches à accomplir, nous nous les partageons et nous répartissons en trois types de groupes : les Commissions, les Groupes de travail et les Assemblées Générales.

Les Commissions et les Groupes de travail œuvrent en autonomie. Les Commissions, qui ont un rôle structurel et organisationnel, fonctionnent en guise d’outils du mouvement (Commission légale, Commission de communication, Commission Informatique etc). Les Groupes de travail réfléchissent, débattent et font des recherches sur de sujets concrets (Groupe de travail de politique, d’économie, d’environnement etc.) afin d’analyser les problèmes et de proposerdes pistes de solution.

Les Commissions et Groupes de travail sont ouverts à tous ceux qui désirent y participer. Leurs réunions, préalablement et publiquement annoncées, se tiennent dans des espaces publics. Leurs décisions sont rapportées dans des comptes-rendus diffusés sur Internet. Elles s’organisent toutes en assemblées horizontales, mais le fonctionnement interne de chacune est décidé de manière indépendante par chaque groupe. En raison de leur caractère ouvert et collectif, elles sont en constante évolution et constamment optimisées.

Les décisions importantes des Commissions et les travaux des Groupes de travail sont ensuite soumis à l’évaluation et à la ratification de l’Assemblée Générale. Ce faisant, nous conjuguons ainsi un travail indépendant et efficace à une coordination collective et horizontale.

Dans la sphère virtuelle, nous créons des réseaux sociaux et des outils internet pour interagir et mettre en commun notre travail et nos actions. Nous utilisons le réseau social N-1 et d’autres outils collaboratifs pour échanger ; nous avons nos propres pages :

takethesquare.net (international)

tomalaplaza.net (national),

tomalosbarrios.net (quartiers).

Nous utilisons Twitter et Facebook pour donner une visibilité à notre travail et irriguer toute la sphère d’Internet.

Organigramme.

Voici quelques-unes de nos commissions :

  • La commission «Communication», chargée de la communication externe sur ce qui se passe à l’intérieur du mouvement. Deux de ses tâches fondamentales sont l’interaction avec les médias et la diffusion de l’information à travers différents sites web et réseaux sociaux. Elle dispose d’une sous-commission de traduction qui contribue à la diffusion globale du mouvement.

  • La commission «Extension», qui encourage d’autres secteurs, collectifs ou agents sociaux à participer au mouvement et à se joindre à nous : universités, associations de quartier, lieux de travail. Elle est aussi chargée de la coordination avec d’autres campements et assemblées, qu’elle soutient et encourage à l’échelle locale, nationale et internationale.

  • La commission «Légale/Juridique », qui assure une couverture légale au mouvement, et qui explique la situation juridique dans laquelle il se trouve. Elle joue un rôle de médiateur avec la police et informe sur les possibles risques légaux encourus par les membres du mouvement.

  • La commission «Dynamisation des assemblées ». Elle est chargée de préparer la méthodologie suivie lors des assemblées: définition préalable de l’ordre du jour, modération, temps de parole, système de tours de parole etc. Elle s’occupe également du compte-rendu de l’Assemblée Générale.

  • La commission «Information», destinée à renseigner dans la rue les citoyens qui s’intéressent au mouvement.

  • La commission «Action», qui organise des activités internes (conférences, rencontres, événements ludiques et revendicatifs, etc). Elle planifie des actions externes de sensibilisation, des opérations d’information ou de pression politique.

  • La commission «Coordination interne», qui coordonne les travaux des différentes commissions. Elle essaye de centraliser les décisions prises au fur et à mesures par les différents groupes et les renvoie au centre d’information. Elle s’occupe aussi de la gestion de l’information essentielle à toutes les commissions (lieux de rattachement, contacts, etc.)

  • La commission «Analyse». Elle apporte la dernière touche au discours interne, externe, à l’organisation et à l’extension du mouvement. Son rôle est de rassembler et de retransmettre les informations, une fois que celles-ci ont été analysées, affinées et organisées.

Il existe également des Commissions dont la fonction essentielle est liée à l’existence des campements :

  • La commission «Infrastructures», qui fournit les moyens matériels nécessaires (la logistique) pour les campements ou pour les activités se déroulant à l’extérieur: chapiteaux, espaces de travail, aménagement de l’espace, points d’information, installation électrique (générateurs), toilettes etc. Nous régissant par un principe d’autogestion, une bonne partie des matériels est obtenue par donation.

  • La Commission «Respect», qui veille à ce que les activités se déroulent dans une ambiance pacifique et respectueuse. Elle joue un rôle de médiation en cas d’éventuels incidents et provocations, prévenant ainsi les situations de risque. Elle ne le fait qu’avec la force des mots, utilisant la communication verbale pour expliquer et persuader de l’importance de maintenir un climat pacifique au sein du campement.

  • Infirmerie. Elle intervient en cas de premiers secours. Elle rassemble et s’occupe de la gestion du matériel sanitaire.

  • Alimentation. Elle reçoit et s’occupe de la gestion des donations de nourriture, et planifie les différents tours pour les repas.

  • Nettoyage. Elle organise les méthodes pour que les campements restent propres et salubres. Ce n’est pas un service de nettoyage, chacun étant responsable de ses propres déchets.

Voici quelques-uns de nos groupes de travail :

  • Éducation et Université.

  • Culture.

  • Environnement.

  • Économie.

  • Travail Social.

  • Politique.

  • Féminisme.

  • Migration et Mobilité.

  • Science et Technologie.

  • Pensée